Welcome to SFHS    
Archives Discussion:
Introduction    |    Original Letter    |    Response    |    Report from the Front
Letter from SFHS to the French Minister of Culture
 
Monsieur le Ministre.
    C'est en tant que directeur général de la Société d'Études Historiques Françaises (Society for French Historical Studies ou SFHS), la plus grande organisation d'historiens de la France en Amérique du Nord, comptant plus de six cents membres, que j'ai l'honneur de m'adresser à vous. Nous considérons qu'un grand tort est fait à notre profession en conséquence de la situation qui règne au sein des Archives Nationales. Des chercheurs séjournant en France pendant des semaines ou des mois entiers ne sont plus en mesure de faire avancer leurs projets dans les délais admissibles. En fait, certains d'entre nous, qui ne peuvent se permettre que de courtes visites, rentrent totalement frustrés, n'ayant pas pu avoir accès aux documents qu'ils avaient besoin de consulter et pour lesquels ils s'étaient spécialement déplacés.
    Ce qui est plus grave encore, les difficultés actuelles rencontrées aux Archives Nationales par les chercheurs sont un détriment à la formation d'une nouvelle génération d'historiens de la France. Quand les professeurs doivent décourager leurs étudiants de doctorat de poursuivre des projets nécessitant des recherches intensives aux Archives, ce qui est à présent inévitable, c'est en fait les détourner de ce champ d'étude. Alors que la promesse de pouvoir travailler à Paris attirait naguère bon nombre de jeunes historiens parmi les plus brillants à l'histoire française, ils hésitent maintenant à s'engager dans cette voie, à cause des obstacles auxquels ils savent qu'ils auront immanquablement à faire face.
    Ceci amène à se poser des questions graves concernant la place et le rôle de la culture française dans le monde, dont les professeurs d'histoire ont longtemps été des ambassadeurs efficaces. Une diminution de leur nombre ou de leur réputation scientifique ne manquera pas de nuire à l'estime dont jouit la civilisation française dans ce pays. Les spécialistes de l'histoire de France ont toujours connu en Amérique du Nord un prestige remarquable que leur valaient la qualité et la nature innovatrice de leurs travaux, à tel point qu'ils ont souvent servi de modèles dans d'autres pays. Maintenant que leurs recherches sont compromises du fait du service des Archives, ils courent le danger de perdre leur position en tête de la discipline historique.
    Quand arrivera le moment de décider du site des Archives, nous espérons que vous tiendrez compte des difficultés rencontrées par les chercheurs étrangers, surtout les nombreux étudiants qui ne peuvent pas se permettre des séjours longs et coûteux en France. S'ils ne peuvent pas avoir accès aux documents des Archives Nationales de façon quotidienne, le découragement n'en sera que plus amer et en détournera beaucoup de l'étude de l'histoire française.
    Nous nous permettons également de souligner combien il est important de préserver l'intégralité de la collection des Archives en un seul et unique lieu. Du point de vue des professeurs et directeurs de thèses, un des plus grands attraits de la recherche en histoire de France est la possibilité de former des étudiants dont les projets couvrent un vaste évantail de périodes et de thèmes pour lesquels les ressources documentaires sont rassemblées en un seul centre, ce qui signifie également la possibilité d'échanger des idées avec des historiens travaillant dans des domaines très divers. Cette caractéristique serait gravement menacée par un projet dont nous croyons savoir qu'il entend morceler la collection et l'héberger dans plusieurs sites éloignés les uns des autres.
    Les historiens d'Amérique du Nord qui ont fait de l'histoire française leur sujet d'étude sont profondément bouleversés par l'impossibilité d'obtenir un service adéquat aux Archives Nationales. Les perturbations et dérangements du service donnent lieu à des problèmes insurmontables dans notre travail et sapent notre capacité à être des porte-parole motivés et efficaces de la civilisation française. Si cette situation devait durer, elle aurait un effet dommageable irréversible sur le recrutement d'une nouvelle génération d'historiens de la France. Au nom de l'avenir des études de l'histoire de la France en Amérique du Nord, nous vous implorons de construire, le plus tôt possible, une nouvelle Cité des archives qui soit fonctionnelle et située de la façon la plus avantageuse possible dans, ou près de, Paris.
    Nous vous remercions très vivement pour la considération que vous voudrez bien accorder à notre grave, profonde, et croissante inquiétude.
    Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes respectueuses salutations.

<-----BACK    |    NEXT---->
Copyright © 2008 by the Society for French Historical Studies, all rights reserved. The Society for French Historical Studies permits the electronic distribution for nonprofit educational purposes, provided that full and accurate credit is given to the author, the date of publication, and its location on the H-France website. No republication or distribution by print media will be permitted without permission. For any other proposed uses, ccontact the Editor-in-Chief of H-France.

Maintained by the H-France Web Editorial Team