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H-France Review

H-France Review Vol. 7 (December 2007), No. 145

Michel Leymarie, Albert Thibaudet, « l’outsider du dedans ». Collection « Histoire et Civilisations », dirigée par Michel Leymarie et Didier Terrier. Villeneuve-d’Ascq : Presses Universitaires du Septentrion., 2006. 368 pp. Notes, bibliographie et index nominorum. 23.00€. ISBN 2-85939-936-4.

Compte-rendu par by Christophe Pradeau, Université Paris 13.


Le critique littéraire et essayiste Albert Thibaudet (1874-1936) bénéficie depuis une dizaine d’années d’un regain d’attention. À l’occasion de l’entrée de son œuvre dans le domaine public, ses principaux ouvrages ont été réédités [1] et plusieurs études lui ont été consacrées [2] qui renouvellent notre connaissance d’une œuvre capitale pour la compréhension de l’histoire politique et culturelle du premier vingtième siècle. La « biographie intellectuelle » publiée par Michel Leymarie, maître de conférences en Histoire contemporaine à l’université Lille 3 et à l’Institut d’Études politiques (IEP) de Paris, s’inscrit dans ce mouvement de redécouverte. L’ouvrage est la révision pour publication d’un dossier pour l’Habilitation à diriger des recherches (HDR), préparé sous la direction de Serge Berstein, et soutenu en 2002 à l’IEP.

La formule qui donne son titre au livre, « l’outsider du dedans », est empruntée à Paul Ricœur, qui qualifiait ainsi Michel de Certeau. [3] Elle est très justement appliquée à Thibaudet, personnalité à la fois centrale et marginale du monde intellectuel français des années 1910-1930. Si son rayonnement est considérable, Thibaudet, critique et essayiste admiré, n’occupera jamais aucune position de pouvoir institutionnel. Le journaliste se verra préférer André Thérive pour succéder à Paul Souday dans les fonctions prestigieuses de feuilletoniste littéraire du quotidien Le Temps ; le professeur sera tenu à l’écart par l’Université française et contraint de s’exiler, en Suède d’abord, à Uppsala, puis à Genève ; l’écrivain n’obtiendra aucune des reconnaissances officielles auxquelles sa renommée semblait le destiner et s’abstiendra prudemment de faire acte de candidature à l’Académie française.

Né dans une famille de notables radicaux bourguignons, Thibaudet devient bachelier en 1888 et prépare sans succès le concours d’entrée à l’École Normale supérieure, à Paris, au lycée Louis-le-Grand puis au lycée Henri-IV, où il côtoie Alfred Jarry, Léon-Paul Fargue, Édouard Herriot et Gustave Téry et a pour professeur le jeune Henri Bergson, dont il deviendra l’un des principaux disciples et un ami proche. Professeur de philosophie puis d’histoire-géographie dans divers lycées de province (1898-1914), Thibaudet, qui multiplie les congés pour séjourner en Grèce et voyager en Méditerranée, travaille sans trop de conviction à une thèse sur « La philosophie grecque du Concept étudiée au point de vue sociologique », dont il n’écrira presque rien, et publie « un mythe dramatique » symboliste, Le Cygne rouge (Mercure de France, 1897), qui ne rencontre aucun succès et après lequel il semble renoncer à ses ambitions littéraires. Il reste près de dix ans sans rien publier avant de faire ses débuts de critique littéraire, un peu par hasard, dans la revue de son ami Jean Royère, La Phalange, où il est remarqué par Gide, qui lui propose de collaborer à la Nouvelle Revue française. Il y publie son premier texte, une prose poétique, en mars 1911, et devient un an plus tard le titulaire de la chronique « La littérature », rebaptisée en avril 1914 « Réflexions sur la littérature », chronique qu’il tient sans défaillance pendant près d’un quart de siècle, jusqu’à sa mort le 16 avril 1936. Cette tribune, l’une des plus en vue de l’entre-deux-guerres, lui donnera une audience européenne, faisant de lui l’un des intellectuels les plus influents de l’époque mais pas pour autant un membre du directoire de la NRF : Thibaudet est une voix singulière du « milieu NRF », dont les choix et les préférences entrent assez souvent en conflit avec la ligne éditoriale de la revue et du comptoir d’édition (les futures Éditions Gallimard).

Il passe les années de la première guerre mondiale comme caporal dans un régiment d’infanterie territoriale, refusant des affectations plus conformes à ses compétences, désireux de « vivre de toute la vie de l’armée », comme seul le permet le grade de caporal, « chef vivant en soldat, c’est-à-dire connaissant les deux côtés de la médaille ». [4] L’immédiat après-guerre élargit la notoriété de Thibaudet, qui publie en peu d’années les plus importants de ses essais. Certains d’entre eux, comme les volumes de Trente ans de vie française, étaient presque achevés au moment du déclenchement du conflit : Les Idées de Charles Maurras (1920), La Vie de Maurice Barrès (1921), Le Bergsonisme (1923). D’autres ont été écrits pendant la guerre et se présentent comme des méditations sur le conflit mondial : c’est notamment le cas de l’un de ses chefs-d’œuvre, La Campagne avec Thucydide (1922). Son Gustave Flaubert (1922) et La Poésie de Stéphane Mallarmé, première monographie consacrée au poète, publiée sans succès en 1912 mais rééditée en 1926, dans une version largement remaniée, sont considérés comme des classiques de la critique littéraire, Thibaudet y inaugurant une voie qui sera celle de la critique thématique. Mais c’est dans ses chroniques de la NRF que Thibaudet donne sa pleine mesure ; il y traite de tous les sujets, des classiques et des livres du jour, avec une liberté et un art de la digression qui ne sont pas sans évoquer Montaigne, son véritable maître, dont il éditera les Essais dans l’un des premiers volumes de la « Bibliothèque de la Pléiade » (1933).

Chargé, en 1924, du cours de langue et de littérature françaises à l’université de Genève, Thibaudet devient un observateur privilégié et un acteur modeste de l’aventure de la Société des Nations (SDN) : il est membre du Comité français de coopération intellectuelle, présidé par Bergson, et représente la France auprès de la Commission internationale de coopération intellectuelle (CICI), qui deviendra en 1931 une organisation technique de la SDN, l’Organisation de coopération intellectuelle (OCI). Ses chroniques de la NRF et les articles qu’il multiplie, collaborant à de très nombreuses revues et à d’importants journaux français et européens (du Dagens Nyheter de Stockholm au Journal de Genève en passant par La Dépêche de Toulouse) font dès lors une place de plus en plus grande à l’analyse politique. S’il n’aborde les questions internationales qu’à travers ses articles, il s’impose comme l’un des meilleurs observateurs de la vie politique française dans trois importants essais politiques publiés, de quatre ans en quatre ans, à l’occasion des élections générales de 1924 (Les Princes lorrains), de 1928 (La République des professeurs) et de 1932 (Les Idées politiques de la France). Un politologue comme René Rémond verra dans ces ouvrages les œuvres fondatrices des sciences politiques françaises, au même titre que le célèbre Tableau des partis en France (1930) d’André Siegfried. C’est à Thibaudet, en effet, qu’il revient de baptiser la IIIe République, qui devient avec lui « la République des professeurs » : nul n’en connaît aussi bien le personnel politique, la carte électorale, nul n’est capable comme lui d’articuler l’histoire immédiate et la longue durée. Sa distinction entre les « boursiers » et les « héritiers », sa conception d’une autonomie du politique, son utilisation de l’idée de génération comme unité narrative et principe dynamique, sa lecture dialectique de l’opposition entre Paris et la province, ont marqué les esprits et continuent à nourrir en profondeur l’histoire politique française.

L’ouvrage de Leymarie est essentiellement consacré à la pensée politique de Thibaudet et doit se lire en relation avec les études que René Rémond, Alain-Gérard Slama ou Jean Bécarud lui ont consacrées. [5] Les chapitres cinquième « Thibaudet et la vie politique française » et sixième « Thibaudet et l’Europe » constituent la meilleure étude d’ensemble dont nous disposions à ce jour sur la question, avec l’excellente préface d’Antoine Compagnon à son édition des textes politiques de Thibaudet. [6] Leymarie définit finement le « libéralisme » de Thibaudet, le « pluralisme » d’« un esprit sans pente » (pp. 196-208), radical opposé à l’anticléricalisme, patriote européiste, pour qui « toutes ces idées de droite ou de gauche sont des coupes arbitraires de concepts sur une réalité mouvante et complexe ». [7] L’apport de Leymarie est moins évident quand il s’agit de caractériser l’œuvre littéraire de Thibaudet ; la cinquantaine de pages consacrées à la question du chapitre quatrième « Thibaudet critique littéraire » se présente comme une synthèse réélaborant trop brièvement les études consacrées à Thibaudet par des critiques comme Leo Spitzer, Gérard Genette ou Maurice Blanchot, à l’exception toutefois de l’intéressante archéologie de l’idée de génération que Leymarie élabore, au moment d’étudier l’Histoire de la littérature française, œuvre posthume, inachevée, publiée par Jean Paulhan et Léon Bopp quelques mois après la mort du critique.

Si la seconde moitié de l’ouvrage — les chapitres quatrième, cinquième et sixième — se présente donc comme une étude de l’œuvre de Thibaudet, qui prolonge et renouvelle, en mettant l’accent sur le critique politique, les deux monographies, vieilles d’un demi-siècle, dont nous disposions jusqu’alors, celles de John C. Davies et d’Alfred Glauser, [8] la première partie — les chapitres premier « Naissance d’un critique », deuxième « Un “poilu de l’arrière” », et troisième « Situation de Thibaudet » — rassemblent les éléments de l’enquête biographique menée par Leymarie. La première section de la bibliographie (« Sources », pp. 315-317) fait la liste des documents dépouillés : registres d’état civil, dossiers d’élève, d’enseignant, d’éditeur, archives de l’Institut, du ministère des Affaires étrangères (série SDN), correspondances inédites, et manuscrits inédits. Le matériau dépouillé est considérable. L’enquête rassemble pour la première fois les données éparses déjà connues et révèle quelques pièces importantes. Le chapitre consacré aux années de guerre est particulièrement intéressant, Leymarie citant généreusement et analysant de façon très juste le manuscrit inédit des Carnets de guerre, qui n’avait jamais bénéficié d’une attention aussi scrupuleuse, le biographe faisant ainsi la preuve de l’intérêt historique et littéraire d’un texte qui mériterait d’être édité. [9]

Si l’enquête de Leymarie apporte de nombreux éléments qui viennent enrichir notre connaissance de Thibaudet, établissant, par exemple, pour la première fois, une chronologie précise des affectations professionnelles ou militaires, elle ne saurait passer pour une « biographie définitive ». Une « biographie intellectuelle » est libre de prendre certaines libertés dans l’exposé chronologique des faits et il est légitime qu’elle subordonne le récit biographique à l’analyse de l’œuvre mais il n’en demeure pas moins que les informations factuelles sont présentées de façon souvent trop dispersée et que l’ouvrage est, à cause de cela, d’une lecture un peu difficile pour le lecteur simplement curieux de la vie de Thibaudet. Prenons pour exemple les premières pages du livre, consacrées à la famille du critique. Nous apprenons qu’Albert Thibaudet est le premier né d’une famille de quatre enfants, l’aîné de deux sœurs, Marguerite et Marie, et d’un frère, « prénommé Émile comme son père » (p. 15). Nous apprenons également que le père de Thibaudet a été maire de Tournus, de 1908 à sa mort (ibid.), mais la date de celle-ci ne nous est pas précisée. Le lecteur attentif l’apprendra pourtant de Leymarie mais, incidemment, quatre-vingts pages plus loin (p. 93).

De la famille maternelle de Thibaudet nous ne saurons rien, sinon qu’elle est originaire de Cluny, la ville abbatiale voisine. Assez curieusement, Leymarie ne juge pas utile de nous indiquer le nom de la mère de Thibaudet, Marie-Louise Léonie Lambert, dont il ne sera d’ailleurs pratiquement pas question, alors même qu’il nous apprend que les « seules relations familiales privilégiées [de Thibaudet] semblent avoir été avec sa mère, chez qui il allait déjeuner chaque dimanche à Lyon, et avec sa nièce, Yvonne Juillet, peintre, elle-même fort indépendante » (p. 90). Thibaudet a écrit, dans l’un de ses rares textes autobiographiques : « une famille c’est deux familles [...] pour l’enfant, il y a celle de son père et celle de sa mère, il y a la perpétuelle comparaison de deux langues, de deux états humains, et voilà la gymnastique du sens critique. [...] Entre Cluny et Tournus, l’exercice de la comparaison était rendu facile à des enfants par la différence de climat des deux familles ». [10] D’un côté, une famille maternelle catholique pratiquante, de l’autre, une famille paternelle de tradition radicale. L’opposition est significative de toute une époque de l’histoire de France ; il est dommage que Leymarie ne la précise pas et n’aille pas plus loin sur ce point que ce qu’en a dit Thibaudet lui-même. De même, il est dommage de ne rien savoir de plus sur cette Yvonne Juillet seulement évoquée en passant.

Les lecteurs avertis savent, autre exemple, que Thibaudet a noué une amitié privilégiée avec le grand urbaniste Henri Prost (1874-1959), dont il fut le condisciple au lycée de Lons-le-Saunier (1882-1888) et qui restera son ami le plus proche jusqu’à la fin de sa vie. Son nom n’apparaît pas dans l’index nominorum et n’est cité qu’une fois dans l’ouvrage (p. 68), comme dédicataire d’un poème de Thibaudet. Leymarie insiste à plusieurs reprises sur la solitude du critique, « célibataire de la littérature », à qui on ne connaît pas d’attachements amoureux (p. 90) ; on ne niera pas un penchant que Thibaudet confesse volontiers mais ce sentiment de solitude est artificiellement accentué par la biographie, qui aurait sans doute gagné à esquisser autour de Thibaudet quelques-unes de ces figures d’amis fidèles qui l’ont accompagné sa vie durant : que ce soit Henri Prost, le poète Louis de Gonzague-Frick (1883-1959) ou l’écrivain genevois Léon Bopp (1896-1977), que Thibaudet désignera, aux côtés de Paulhan, alors à la tête de la NRF, comme son exécuteur testamentaire.

Il est, en outre, particulièrement regrettable que la bibliographie, qui présente de très nombreuses informations nouvelles, soit composée de telle façon qu’elle est de consultation difficile pour un lecteur qui n’est pas un bon connaisseur de Thibaudet. On regrettera sans doute que la liste des études consacrées au critique ne récapitule pas l’ensemble des articles cités en note. Plus ennuyeux, certains des ouvrages de Thibaudet lui-même n’apparaissent pas dans la bibliographie : c’est le cas de l’important essai posthume sur Montaigne, cité en note p. 12 mais absent de la liste des « Textes posthumes » (p. 319). Mouvement figure dans la bibliographie comme un tiré à part de vingt pages du numéro de janvier 1938 de la NRF ; or, il s’agit là d’une réédition en revue d’un essai initialement publié en 1936, chez Édouard de Laboulaye, dans une édition de très grand luxe, accompagné de bois originaux de Jules Chadel, édition que Leymarie ne mentionne pas. De manière générale, on peut regretter que les rééditions et les traductions des ouvrages de Thibaudet ne soient pas indiquées. En outre, certains documents et outils de travail importants, classés de façon surprenante et peu mis en valeur, risquent de passer inaperçus. Ainsi, le Catalogue de la bibliothèque d’Albert Thibaudet, établi au moment de la mise en vente de celle-ci, à l’Hôtel Drouot, en février 1937, figure-t-il, de façon inattendue, dans la section « Articles et livres de contemporains sur Thibaudet », d’ailleurs beaucoup moins fournie que l’on aurait pu l’espérer (il aurait été utile, par exemple, de recenser les très nombreux articles nécrologiques consacrés à Thibaudet pour prendre la mesure du rayonnement du critique). John C. Davies a publié, en 1957, dans la Revue des sciences humaines, une très précieuse « Bibliographie des articles d’Albert Thibaudet », qui est citée dans la section « Instruments bibliographiques », ce qui se justifie intellectuellement mais assez peu pratiquement ; il faut, en effet, être un lecteur attentif pour la découvrir au milieu des mentions du Catalogue général de la librairie française ou de la Bibliographie der französischen Literatur Wissenschaft. Par ailleurs, les recherches de ces dernières années, et notamment celles de Leymarie, ont permis de recenser certains articles que Davies avait ignorés. Il aurait été sans doute bon de citer et de réunir ces articles récemment « retrouvés » dans une section spécifique de la bibliographie.

En dépit de ces défauts de présentation, qui en rendent parfois un peu difficile la lecture et la consultation, et en dépit de la frustration légitime que le lecteur peut éprouver devant certains silences du biographe, l’ouvrage de Leymarie s’impose comme une contribution majeure aux études sur Thibaudet et comme une très bonne introduction à l’œuvre politique du grand critique de la NRF.


NOTES

[1] La Poésie de Stéphane Mallarmé (1912-1926), préface de J.-Y. Tadié (Paris : Gallimard, collection Tel, 2006) ; La République des professeurs (1927) suivi de Les Princes lorrains (1924), préface de M. Leymarie (Paris : Hachette Littérature, 2006) ; Réflexions sur la politique (1912-1936), édition établie, annotée et préfacée par A. Compagnon (Paris : Robert Laffont, collection Bouquins, 2007) ; Réflexions sur la littérature (1912-1936), préface d’A. Compagnon, édition établie et annotée par Antoine Compagnon et Christophe Pradeau (Paris : Gallimard, collection Quarto, 2007). Les Réflexions sur la politique recueillent Les Princes lorrains, La République des professeurs, Les Idées politiques de la France (1932), les « Réflexions » sur la politique publiées dans la NRF, ainsi qu’une sélection d’articles publiés dans la Revue de Genève, L’Europe nouvelle, Les Nouvelles littéraires et La Dépêche de Toulouse. Les Réflexions sur la littérature recueillent la quasi-intégralité des chroniques sur la littérature publiées dans la NRF.

[2] On consultera la bibliographie publiée dans les Réflexions sur la littérature, pp. 1729-1737. Signalons le chapitre « Thibaudet, le dernier critique heureux » de l’essai d’A. Compagnon, Les Antimodernes, de Joseph de Maistre à Roland Barthes (Paris : Gallimard, 2005), pp. 253-289 ; ainsi que le numéro « Albert Thibaudet » de la revue Littérature no. 146 (juin 2007).

[3] Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli (Paris : Éd. du Seuil, 2000), p. 254.

[4] Thibaudet, « Un livre de guerre », (NRF, 1er janvier 1922), dans Réflexions sur la littérature, p. 627.

[5] Jean Bécarud, « Politique de Thibaudet. D’après des extraits de ses “Réflexions” sur les événements et l’histoire », Commentaire no. 47 (automne 1989), pp. 563-572, et Commentaire no. 49 (printemps 1990), pp. 137-143 ; Jean Bécarud et Michel Leymarie, « Les “modérés” à travers les réflexions d’Albert Thibaudet dans la NRF », in François Roth (éd), Les Modérés dans la vie politique française (Nancy : Presses Universitaires de Nancy, 2000); René Rémond, « En relisant Les Idées politiques de la France : Thibaudet historien des familles de pensée », Société des amis des arts et des sciences de Tournus, t. LXXXV (1986), pp. 109-119 ; « Thibaudet, Albert », in Jean-François Sirinelli (éd.), Dictionnaire historique de la vie politique française au XXe siècle (Paris : PUF, 1995); Alain-Gérard Slama, « Les deux tentations d’Albert Thibaudet », Société des amis des arts et des sciences de Tournus, t. LXXXV (1986), pp. 99-108.

[6] A. Compagnon, « Préface », Réflexions sur la politique, pp. i-xxxi.

[7] Thibaudet, « Les partis et les idées » (NRF, 1er juillet 1934), Réflexions sur la politique, p. 540 ; cité par Leymarie, p. 196.

[8] Alfred Glauser, Albert Thibaudet et la critique créatrice (Paris : Boivin, 1952) ; John C. Davies, L’Œuvre critique d’Albert Thibaudet (Genève : Droz, 1955).

[9] Voir également, dans le dossier récemment consacré à Thibaudet par la revue Commentaire, l’article de Leymarie, « Thibaudet, “poilu de l’arrière” », Commentaire 118 (été 2007), pp. 515-524.

[10] Thibaudet, Cluny (Paris : Émile-Paul, collection Portrait de la France, 1928), pp. 9-10.


Christophe Pradeau
Université Paris 13
christophe.pradeau1@tiscali.fr


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H-France Review Vol. 7 (December 2007), No. 145

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